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Le projet de Ligne à Grande Vitesse est-il crédible ?



Le projet de ligne nouvelle Paris-Normandie(LNPN) hier appelé Ligne à Grande Vitesse (LGV) fait l’objet depuis le 3 octobre de séances de débat public.
Dans l’Eure, la Commission Nationale de Débat Public était à Evreux le 20 octobre, à Vernon le 29 novembre, à Bernay le 6 décembre, au Val-de-Reuil le 8 décembre.
Cette CNDP sera de retour à Evreux le 12 janvier sur le thème de l’impact sur l’agriculture et l’environnement.
Au titre de simple utilisateur des transports collectifs, je suis intervenu à Bernay le 6 décembre.
J’ai conclu mon propos sur une interrogation « Je me demande si nous ne sommes pas dans un débat un peu surréaliste car j’ai lu dans une revue économique de novembre dernier (ce n’est pas vieux) que la SNCF envisageait de ne plus acheter de rames à grande vitesse à partir de 2015. J’aimerais savoir si c’est vrai ou faux, mais cela a été écrit dans un journal économique »
Cette question a fait « sortir du bois » le représentant de la SNCF qui tout au long de cette réunion s’était tellement fait discret que les quelques 250 personnes présentes ignoraient sa présence !
La réponse du responsable de la SNCF n’a fait que confirmer les informations que j’avais recueillies dans le numéro de novembre d’Alternatives Economiques :
« Sur l’achat des rames à grande vitesse décidé par la SNCF : l’économie en général est un peu en crise, l’entreprise est aussi en difficulté, donc on a décidé de ne plus acheter des nouvelles rames mais de rénover les rames en prolongeant leur durée de vie, en attendant une amélioration économique de l’entreprise. Mais, c’est une décision provisoire. Quand la situation économique s’améliorera on sera obligé d’en acheter, parce qu’on ne peut pas prolonger la vie du matériel indéfiniment. »
 
Mais bien évidemment, dans ses articles en forme de compte rendu, la presse locale s’est bien gardée de relever cette anomalie qui ferait que l’on pourrait construire des réseaux à grande vitesse alors que la SNCF a décidé de stopper ses investissements de TGV.
A Bernay, la pratique journalistique est de ne pas dévaloriser la parole des édiles locaux.  Alors on gomme les aspérités.
 
Ma déclaration :
- Je ne vais pas vous dire ma priorité en matière de tracé car, comme beaucoup de personnes (cela a été largement dit ici) je considère que l’emprise actuelle suffit, à la condition bien évidemment, de l’améliorer.
- Par contre, je voudrais vous faire part de mon inquiétude, qui a été très peu évoquée ce soir, concernant le niveau de l’investissement. On parle de 9 à 15 milliards, c’est énorme, d’autant qu’il y a quelques années le Premier Ministre avait considéré que la France était en état de faillite. Avouons que ce n’est pas la meilleure des situations.
Hélas, la situation des finances ne s’est pas améliorée et le gouvernement exhorte les collectivités à faire preuve de rigueur budgétaire.
Ainsi, si l’idée était d’en venir à un partenariat public/privé, j’alerte sur les risques que ce processus peut engendrer. A l’image des Banques, que l’Etat a été obligé de soutenir il y a quelques temps, le risque de défaut du privé dans un partenariat de cette nature ne serait pas à exclure.
Dans ce cas, la puissance publique (c'est-à-dire nos impôts) serait doublement mise à contribution.
- Je voudrais répondre à l’argument qui consiste à dire que cette LNPN amènerait des créations d’emplois par centaines et par milliers – cela a été quelque peu évoqué.
Cette thèse a été développée il y a quelques années dans le débat opposant l’A28 à la 2 fois 2 voies. L’autoroute a été construite et nous attendons toujours l’emploi ; Cet axe routier ne permet même pas de préserver l’emploi existant et le cas de BRP l’atteste malheureusement.
- Je voudrais aussi dire un mot sur un article que la presse bernayenne a publié il y a quelques semaines, article qui a du passer sous les fourches caudines des élus locaux, puisque c’est un peu l’habitude dans le secteur.
Cet article relatait une visite ministérielle, il défendait le principe de la LNPN, tout en revendiquant autant d’arrêts en gare de Bernay, qu’actuellement.
Or, il me semble que cette position est intenable car, ligne à grande vitesse se conjugue obligatoirement avec ligne à grande distance. Il faut faire un choix : la grande vitesse ou des arrêts fréquents.
L’urgence (pas à 30 ans) est de donner aux centaines de salariés qui, quotidiennement, vont chercher à Paris l’emploi que Bernay et ses environs est incapable de leur donner, des conditions de transport qui assurent la régularité, de la fréquence, du confort et de la rapidité ; l’urgence n’est en aucun cas de rapprocher les planches de Deauville du 16ième arrondissement de Paris.
Je voudrais terminer par une question. Je me demande si nous ne sommes pas dans un débat un peu surréaliste car j’ai lu dans une revue économique de novembre dernier (ce n’est pas vieux) que la SNCF envisageait de ne plus acheter de rames à grande vitesse, à partir de 2015. J’aimerais savoir si c’est vrai ou faux, mai s cela a été écrit dans un journal économique.
 
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Le débat public se poursuivra jusqu'au 3 février 2012. Le Président de la Commission Nationale de Débat Public présentera un bilan au plus tard pour le 3 avril. Réseau Ferré de France aura 3 mois pour rendre public sa décision.
 
Vous pouvez prendre connaissance du compte rendu des réunions et participer vous-même à l’adresse du site LNPN Débat Public : http://www.debatpublic-lnpn.org